Dans mes bonnes journées, mes questions ne m’empêchent pas d’exister normalement. Dans mes mauvaises, je suis cloué sur mon divan à brasser des concepts sans résolution concrète. Entre les deux, il y a des moments comme aujourd’hui où je jongle avec des idées sans trop échapper de balles. Ça donne, parfois, des questions en vrac :
Si c’est en forgeant que l’on devient forgeron, est-ce que c’est en étant heureux que l’on devient heureux ? Si oui, on commence par où ? Si non, c’est quoi le problème ?
Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, oui, mais qu’en est-il de ceux qui ne sont plus ?
Pourquoi une femme, devant la perte potentielle, devient soudainement la plus passionnée des amantes ? Est-ce que l’amour doit à ce point être une poussée d’adrénaline pour avoir de la valeur ?
Dans la même optique, qui a décidé que la routine était un mal nécessaire ? Pourquoi ne pas en faire un chemin de vie ? Les bohèmes, voyageurs et beatnick de ce monde nous battent les couilles avec le fait que l’important du voyage n’est pas la destination mais bien la route empruntée. Si tel est le cas, pourquoi est-ce que l’on cherche constamment à fuir notre route (le quotidien) qui nous mène vers la fin de nos voyages (la vie) ?
Je m’ennuie quand je suis seul et je me sens à l’écart quand je suis accompagné. Le juste milieu, il est où ?
J’utilise mon téléphone pour naviguer sur internet, mon ordinateur pour écouter des films et mon lit comme entrepôt à linges propres non-plié. Pourquoi est-ce qu’on s’acharne à prédéterminer l’utilité des objets alors que de toute façon on finit toujours par les dénaturer selon nos besoins ?
Est-ce que le sarcasme se considère comme une langue parlée sur mon C.V. ?
J’ai vérifié et c’est faux qu’un appartement propre entraîne la créativité et la productivité. La preuve, je fais toujours une sieste après avoir fait du ménage.
Qui doit-t-on blâmer pour l’inclusion du concept de l’Utopie dans notre quotidien ? À qui est-ce qu’un idéal inaccessible a-t-il déjà été utile ?
Pourquoi les animaux de compagnies ? Pourquoi ? À part se parler tout seul dans son appartement, à quoi bon ?
Même chose pour la cigarette. Oui John Wayne était cool avec sa rouleuse au bec mais sinon, à quoi bon ?
Je juge souvent (trop) les gens sans trop creuser à savoir qui ils sont vraiment. J’assume qu’ils me traitent de la même façon. Ça s’équivaut n’est-ce pas ?
J’ai envie d’être lu par un auditoire plus vaste sauf que quand je vois vers quoi cet auditoire se dirige généralement, je n’ai pas envie d’y être. Pertinence versus exposition, qui gagne ?
Plus je vieillis, moins je rencontre de nouvelles personnes. Est-ce que la solitude, après 30 ans, devient permanente ?
Ça, c’est une fraction de ce qui circule dans ma tête et ça n’arrête jamais. Après je me demande pourquoi je suis toujours fatigué. Misère…
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