Du sens à l’envers

Chercher du sens dans toutes ces choses qui se sont produites.

Et qui ne sont plus.

Chercher du sens dans toutes ces choses qui auraient pu être.

Et qui ne seront jamais.

Chercher du sens dans toutes ces choses désirées, souhaitables.

Et qui n’ont jamais été possible.

Chercher, tout le temps, et se retrouver cul par-dessus tête à ne plus comprendre pourquoi on est tombé sans pourtant avoir fait de culbute.

La vie est mal-faite, elle laisse trop de miettes derrière. Trop de miettes et pas assez de routes pavées pour retrouver le chemin vers la maison.

Logique ?

Les idiots parlent fort, logiquement, ils sont plus entendus que les autres.

La bêtise n’est pas subtile, logiquement, elle est plus marquante que l’acte posé.

L’intolérance impose ses convictions, logiquement, elle détermine la suite des choses.

Les ruptures sont fracassantes, logiquement, elles anéantissent les preuves d’amour.

La logique… non merci !

Un peu plus de la même chose

Au fond de moi je suis heureux pour vous. Vos beaux projets, vos amours, vos relations, vos rêves, vos voyages. Quand vos vies tournent dans le bon sens, je suis heureux pour vous.

C’est du moins ce que je me répète pour ne pas être bêtement envieux.

Ou jaloux.

Ou triste.

Ou frustré de ne pas avoir autant d’opportunités que vous.

”Mais tu dois faire toi-même ta chance” qu’on me répète. Je sais bien, je ne suis pas si bête. Mais il vaut quoi ce conseil quand mes tentatives échouent constamment ?

Il y a de petites victoires, ça et là, des petits projets qui gardent mon intérêt mais à grande échelle, les fluctuations sont tellement minimes qu’on pourrait croire sans trop se tromper que j’ai les deux pieds dans la vase depuis cet été.

Un marécage, ni plus ni moins, qui façonne la vie à ses teintes de gris, de vase et de boue.

Si la vie est une saison, la mienne est plutôt un marais couvert par les arbres dans lequel il ne fait jamais trop chaud ni jamais trop froid. Une parenthèse dans l’ordre des choses.

Mais au fond de moi je suis heureux pour vous, je me dois de l’être, c’est ce qui me donne un brin d’espoir qu’éventuellement la puck roulera pour moi. Ce que l’histoire ne dit pas, par contre, c’est si je serais encore là pour vivre le jour où ma fortune sera dans les bonnes grâces de l’Univers (U majuscule) pour faire changement.

Le pire dans tout ça (ou le mieux, j’imagine) c’est que ça ne me déprime même plus. Reste juste à changer mon numéro de téléphone pour fuir un peu plus les créanciers qui eux n’aiment pas trop mon nouveau détachement face aux malheurs qui s’accumulent.

Oooo Well, on ne peut pas tout avoir.

C’est ce que je me répète pour apprécier ce que j’ai.

Éphéméride

Je suis inquiet pour la suite des choses.

Avec les réseaux sociaux, les téléphones intelligents, les courriels, les SMS, les LOL, les BRB et LMFAO de ce monde, l’attention des gens se calcule en secondes et l’investissement de soi en minutes. Malheureusement, ça ne s’applique pas seulement à nos façons de communiquer.

L’amour, l’amitié, la famille, les emplois, les valeurs, les convictions, etc…

Tout passe au tordeur de l’attention déficiente et pour la suite des choses, je m’inquiète dans la mesure où éventuellement, il n’y aura plus de temps à couper. Il faudra arrondir ailleurs, au détriment de choses qui comptent vraiment.
C’est mignon un temps s’éparpiller dans ses projets, parler durant un film ou même flirter sans faire suite. Un temps, ça va, mais une vie ? On parle de moins en moins d’un phénomène éphémère mais plutôt d’une réalité grandissante : Les gens ne s’investissent plus au-delà de l’immédiat.

Je-me-moi-tout-de-suite-et-pas-plus-tard !

Ça m’inquiète.

Parce que dans ce vacarme, je suis d’une lenteur revendicatrice. J’observe, j’analyse, je piétine à souhait et je décortique, méticuleusement, toutes ces choses qui pourraient se produire mais qui n’en seront pas. Sans être en marge, je ne suis définitivement pas dans le courant. Quand quelqu’un butine de fleurs en fleurs, j’ai envie de prendre racine. Quand on me répond ‘LOL’ j’ai envie de pondre une lettre bien sonnée. Quand on m’embrasse timidement du bout des lèvres, j’ai envie de tout interrompre pour faire l’amour passionnément.

La vie ne s’arrêtera pas mais qu’est-ce qui nous empêche de prendre le temps ? Prendre de longs moments pour savourer nos envies, cajoler nos instincts et contempler l’essentiel qui nous entoure.

Prendre le temps de temps en temps, est-ce trop demander ?

Si je suis inquiet, c’est aussi parce que je suis impuissant devant tout cela. L’attention déficiente gagne du terrain et se trouve à tous les jours de nouveaux partisans bruyants et manifestement plus imposants que moi.

Je lance souvent à la blague qu’un retour à la terre serait une façon de désamorcer le cercle vicieux des communications en syllabes plutôt qu’en mot. Une partie de moi trouve l’idée charmante mais tout le reste de mon être est victime de son propre malheur. Je tweet, je SMS et je facebook ma vie pour la vivre de moins en moins. Des sentiments et des idées compressés dans d’infimes fenêtres ouvertes sur le monde qui se referment après chaque rafraichissement de pages. Vivre à la seconde près et être en berne le reste du temps.

LOL-JeT’m-like-FML

Par la force des choses, je suis l’artisan de mon inquiétude.

Je m’excuse pour plus tard parce que tu n’a pas le temps d’y penser dans la seconde immédiate.

Se cacher sous un capuchon

Mettre son capuchon dans la maison, juste parce que. S’isoler dans le silence d’un appartement vide. Se cacher d’un monde qui de toute façon ne te regarde pas.

Se conter des peurs, des histoires, tout ce qu’il faut pour ne pas regarder l’heure et le temps entre nulle part et plus tard.

Zapper sur YouTube, se perdre dans la familiarité, rejouer, rejouer, rejouer, s’ennuyer, recommencer et changer d’idée. Changer de vie, mais pas vraiment, mettre son capuchon et se conter des histoires.

Il était une fois, mais pas cette fois-là, ni cette fois-ci et surtout pas cette fois où tu as fait ce que je n’ai pas envie de me souvenir. Il était une fois, deux fois, cent fois et puis quoi?

Mettre son capuchon et oser se regarder dans le miroir. Ce n’est pas sérieux, tu n’es pas sérieux. La vie, vraiment, c’est là que tu prends une pause? Trois sourires et une bouille triste devant un miroir qui collectionne les traces de doigts. Si c’est ça avancer, je préfère encore pisser face au vent.

Avec mon capuchon.

Parce que rien de tout ça ne fait du sens. La vie, l’habit et puis tout le reste.

Il était une fois, mais surtout pas cette fois dont tu veux me parler.

Et aussi, y’a ça qui tourne en boucle depuis des heures.La pluie en Janvier, ça me fait délirer je crois bien.

Oh, oh-oh, I got a love that keeps me waiting…

 

Des questions en vrac …

Dans mes bonnes journées, mes questions ne m’empêchent pas d’exister normalement. Dans mes mauvaises, je suis cloué sur mon divan à brasser des concepts sans résolution concrète. Entre les deux, il y a des moments comme aujourd’hui où je jongle avec des idées sans trop échapper de balles. Ça donne, parfois, des questions en vrac :

Si c’est en forgeant que l’on devient forgeron, est-ce que c’est en étant heureux que l’on devient heureux ? Si oui, on commence par où ? Si non, c’est quoi le problème ?

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, oui, mais qu’en est-il de ceux qui ne sont plus ?

Pourquoi une femme, devant la perte potentielle, devient soudainement la plus passionnée des amantes ? Est-ce que l’amour doit à ce point être une poussée d’adrénaline pour avoir de la valeur ?

Dans la même optique, qui a décidé que la routine était un mal nécessaire ? Pourquoi ne pas en faire un chemin de vie ? Les bohèmes, voyageurs et beatnick de ce monde nous battent les couilles avec le fait que l’important du voyage n’est pas la destination mais bien la route empruntée. Si tel est le cas, pourquoi est-ce que l’on cherche constamment à fuir notre route (le quotidien) qui nous mène vers la fin de nos voyages (la vie) ?

Je m’ennuie quand je suis seul et je me sens à l’écart quand je suis accompagné. Le juste milieu, il est où ?

J’utilise mon téléphone pour naviguer sur internet, mon ordinateur pour écouter des films et mon lit comme entrepôt à linges propres non-plié. Pourquoi est-ce qu’on s’acharne à prédéterminer l’utilité des objets alors que de toute façon on finit toujours par les dénaturer selon nos besoins ?

Est-ce que le sarcasme se considère comme une langue parlée sur mon C.V. ?

J’ai vérifié et c’est faux qu’un appartement propre entraîne la créativité et la productivité. La preuve, je fais toujours une sieste après avoir fait du ménage.

Qui doit-t-on blâmer pour l’inclusion du concept de l’Utopie dans notre quotidien ? À qui est-ce qu’un idéal inaccessible a-t-il déjà été utile ?

Pourquoi les animaux de compagnies ? Pourquoi ? À part se parler tout seul dans son appartement, à quoi bon ?

Même chose pour la cigarette. Oui John Wayne était cool avec sa rouleuse au bec mais sinon, à quoi bon ?

Je juge souvent (trop) les gens sans trop creuser à savoir qui ils sont vraiment. J’assume qu’ils me traitent de la même façon. Ça s’équivaut n’est-ce pas ?

J’ai envie d’être lu par un auditoire plus vaste sauf que quand je vois vers quoi cet auditoire se dirige généralement, je n’ai pas envie d’y être. Pertinence versus exposition, qui gagne ?

Plus je vieillis, moins je rencontre de nouvelles personnes. Est-ce que la solitude, après 30 ans, devient permanente ?

Ça, c’est une fraction de ce qui circule dans ma tête et ça n’arrête jamais. Après je me demande pourquoi je suis toujours fatigué. Misère…

Le fantasme de l’écrivain trash

Un truc qui revient souvent (trop à mon goût) et qui me surprend toujours de par son absurdité, c’est cette idéalisation de l’auteur qui mène une vie marginale et qui abuse de tous les plaisirs de la vie. Ça c’est sans parler de l’utilisation à outrance d’Épicure et de sa doctrine pour encapsuler les gens dans des concepts obscurs. Passons.

Ici je pose la question : D’où vient cette image? Il y a bien sûr quelques exceptions, les rebelles des lettres, rock star de la littérature. Sauf que les autres, ils sont bien loin du compte. L’écriture est une discipline, ni plus ni moins. Ça fait bien peu de sens d’attribuer de la déchéance là où la dévotion envers la discipline prend une place cruciale. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais dès que j’enfile deux ou trois verres de whisky bon marché, mes mots sont plutôt de longues tirades sans queue ni tête et la production de sens, forcément, n’est pas au rendez-vous. Je ne suis pas un auteur, clairement, et je suis encore moins une rock star de la dactylo. Ce que je réalise c’est que je ne suis vraiment pas tout seul dans ma gang et ça m’amuse de voir les gens, de l’extérieur, s’imaginer réinventer le monde des lettres entre deux verres de vin rouge.

C’est beau rêver, je ne dis pas le contraire, mais un peu de rigueur n’a jamais tué personne.

C’est brouillon un peu comme réflexion, mais ça m’agace. Ça m’agace de me comparer à des standards qui n’existent pas vraiment et d’être démonisé parce que je n’enchaîne pas les cigarettes entre mes paragraphes. Comme si un bureau sans cendriers débordants n’avait pas de valeurs. Comme si détruire mon foie allait faire de moi le prochain Hunter S. Thompson.

C’est absurde, je le sais, mais ça m’agace. Que voulez-vous, si la perception de l’Autre ne me dérangeait pas autant je ne passerais certainement pas le plus clair de mon temps entre quatre murs à piocher du verbe pour changer le monde une virgule à la fois.

La prochaine fois qu’un gratteux de papier se vantera d’être bien en communion avec une bouteille de scotch, n’oubliez pas qu’il ment probablement. Sinon, les statistiques pointent vers une imposture littéraire. Il y a des exceptions, bien sûr, mais je reste sceptique dans la majorité des cas.

- Je bois donc j’écris?

Seulement si ça t’amuse de le croire….

 

Drette au but

Changer le monde à grands coups de ‘’ Je t’aime ‘’ – ça me manque en criss.

Parce que c’est beau, parce que c’est vulgaire, parce que c’est la vie.

Se perdre dans la sueur et les mots essoufflés – ça me manque en criss.

Parce que c’est unique, parce que c’est intime, parce que c’est la vie.

Ne plus voir le temps passer – ça me manque en criss.

Parce que ça se partage, parce que c’est insouciant, parce que c’est la vie.

Ça me manque en criss !

L’amour n’est pas un iPhone

Si l’évolution c’est l’amour interchangeable, je me demande si je ne préfère pas encore m’arrêter et ne plus suivre le cours des choses.

Les débuts, les départs, les joies et les peines.

L’amour est à la limite un bien de consommation que l’on oubli dès qu’un nouveau gadget entre dans nos vies. Comme avec la technologie, on néglige rapidement à quel point nous étions charmés à la base par ces incroyables nouveautés dans nos vies.

Si l’amour est un téléphone intelligent, le mien est muni d’un cadran gigantesque qui nécessite beaucoup de patience pour parvenir à composer un numéro. Un travail de moine d’une certaine façon parmi ces gens à l’attention trop courte et aux envies trop spontanées.

Le jeu, ici, c’est de suivre l’ère du temps pour ne pas complètement dériver. Sauf que le gain, réel, vaut-il cet essoufflement amoureux ?

Je suis si fatigué, analogue dans une époque digitale. C’est peut-être l’âge aussi, pourtant je suis encore jeune. C’est sûrement la vie qui use le cœur à la longue, du moins, j’ose croire sinon c’est décourageant de se sentir autant à l’écart d’une formalité relationnelle.

J’aime donc je suis sauf que je ne suis définitivement pas ce que j’aime.

C’est à n’y rien comprendre.