Un peu plus de la même chose

by Stéphane M.

Au fond de moi je suis heureux pour vous. Vos beaux projets, vos amours, vos relations, vos rêves, vos voyages. Quand vos vies tournent dans le bon sens, je suis heureux pour vous.

C’est du moins ce que je me répète pour ne pas être bêtement envieux.

Ou jaloux.

Ou triste.

Ou frustré de ne pas avoir autant d’opportunités que vous.

”Mais tu dois faire toi-même ta chance” qu’on me répète. Je sais bien, je ne suis pas si bête. Mais il vaut quoi ce conseil quand mes tentatives échouent constamment ?

Il y a de petites victoires, ça et là, des petits projets qui gardent mon intérêt mais à grande échelle, les fluctuations sont tellement minimes qu’on pourrait croire sans trop se tromper que j’ai les deux pieds dans la vase depuis cet été.

Un marécage, ni plus ni moins, qui façonne la vie à ses teintes de gris, de vase et de boue.

Si la vie est une saison, la mienne est plutôt un marais couvert par les arbres dans lequel il ne fait jamais trop chaud ni jamais trop froid. Une parenthèse dans l’ordre des choses.

Mais au fond de moi je suis heureux pour vous, je me dois de l’être, c’est ce qui me donne un brin d’espoir qu’éventuellement la puck roulera pour moi. Ce que l’histoire ne dit pas, par contre, c’est si je serais encore là pour vivre le jour où ma fortune sera dans les bonnes grâces de l’Univers (U majuscule) pour faire changement.

Le pire dans tout ça (ou le mieux, j’imagine) c’est que ça ne me déprime même plus. Reste juste à changer mon numéro de téléphone pour fuir un peu plus les créanciers qui eux n’aiment pas trop mon nouveau détachement face aux malheurs qui s’accumulent.

Oooo Well, on ne peut pas tout avoir.

C’est ce que je me répète pour apprécier ce que j’ai.