Balles Courbes

Catégorie: Notes de visionnement

Statuettes dorées

La saison des Oscars est une drôle de bête. Pour le cinéphile/ex-étudiant en cinéma que je suis, c’est un cirque sur lequel je porte très peu d’intérêts à long terme. C’est un beau feu de paille et une plate-forme de qualité pour plusieurs cinéastes mais, quand la poussière dorée retombe, la plupart des films en nominations sont vites oubliés et les performances, tantôt grandioses, se perdent dans la foule et la tradition de l’évènement.

Même si je suis rarement en accord avec le choix du ‘’meilleur film’’, il y a quand même quelques choix fétiches que j’affectionnerais toujours particulièrement. Donc, en ordre chronologique, mes cinq ‘Meilleurs films’ favoris, autant pour des raisons sentimentales qu’objectives.

1999 – American Beauty

La beauté et la sensibilité, surtout, mais aussi le ton et l’état amorphe d’une génération en marge des grandes villes. Sam Mendes a mis le doigt sur un monde intriguant, bouleversant et surtout d’une vérité poignante. Un coup de cœur surprise qui est toujours bon de revisiter à l’occasion.

1976 – Rocky

Un choix sentimental pour moi ici. Rocky (et Sly) c’est ma jeunesse, le rêve américain et accessoirement le film vient piger dans mon amour pour la boxe et les sports de combats. On ne réinvente rien ici, mais la première mouture de la série est très riche en nuances et les personnages sont habilement maîtrisé par toute la distribution. Par la suite, la sauce se dilue pas mal mais celui là ne sera jamais un mauvais souvenir pour moi. Balboa vs Creed, au jour de l’an, c’est difficile de faire mieux.

1975 – One Flew Over the Cuckoo’s Nest

C’est le genre de film qui ne mérite pas nécessairement plusieurs visionnements mais le premier, le contact initial avec Crazy Jack laisse une marque dans notre imaginaire cinéphilique. Le bouquin de Ken Casey vaut d’ailleurs le détour plus que le film à mon avis mais le jeu d’un jeune Nicholson combiné à la maîtrise de Milos Forman derrière la caméra nous offre quand même un grand moment de cinéma.

1951 – An American in Paris

Ah Gene Kelly. Loin d’être mon favoris de l’homme mais tout de même, je me devais d’inclure une comédie musicale et Kelly, dans mon cœur, est un incontournable du genre. Du cinéma à grands déploiements comme il ne s’en fait plus assez d’ailleurs.

1943 – Casablanca

Bogart et Bergman et mon histoire d’amour fétiche depuis toujours. C’est un peu long par moment, mais Casablanca est un monument duquel je ne peux pas vraiment prendre une distance. Ça vient me chercher à chaque fois, immanquablement. Play it once Sam, for old times’ sake.

Donc non, pas de Godfather pour moi et étrangement rien non plus depuis 1999. Je suis de la vieille école dans mes goûts, certes, mais la liste des gagnants des 12 dernières années est décevante et surtout contestable. Beaucoup de finalistes, à mes yeux, sont et resteront de meilleurs films que les gagnants et survivront mieux à l’épreuve du temps (par exemple There Will Be Blood de P.T Anderson). Ça n’enlève rien au plaisir d’observer cette remise de prix mais plus j’y pense et moins les grands gagnants de cette soirée viennent rejoindre mes goûts personnels.

Heureusement, plusieurs autres remises de prix sont plus à ma pointure. C’est la beauté du cinéma, tout le monde y trouve son compte.

Moneyball, entre autres choses.

La paternité et se tenir à jour des nouveautés cinématographiques c’est un peu comme courir un marathon en poussant une brouette pleine de briques : Disons que ça prends beaucoup de détermination. Pas plus fin qu’un autre, ma petite princesse aura toujours priorité sur mes désirs d’être au diapason d’Hollywood et de ses frasques extravagantes. Mais ce week-end, avec du temps libres et une motivation surprenante, j’ai jeté mon dévolu sur Moneyball qui, pour l’amateur de baseball que je suis, était un visionnement obligatoire.

Mais je n’ai pas tant envie de vous parler du film. C’était bien, très bien même, prenez un petit deux heures pour le visionner, là n’est pas la question.

Non, j’ai plutôt envie de me pencher sur ce manque que je ressens quand je ne m’assois pas devant un film de façon régulière. C’est étrange, on ne parle pas ici d’un besoin vital comme l’eau et la nourriture, mais le cinéma est définitivement une source de carence dans mon système, comme si ma logique émotionnelle et intellectuelle passait par le septième art et ce qu’il peut m’offrir. Après tout, le cinéma c’est mon école, autant de la vie que des lettres et puis du reste aussi. J’ai façonné ma jeune vingtaine au rythme des visionnements qui défilaient devant moi et presque tous mes souvenirs, indirectement, sont associés à un film.

Le cinéma, c’est une amante fidèle que je peux négliger et qui ne me boudera jamais. C’est beau, c’est pur, c’est vivifiant même.

Je me surprends à toujours prendre une distance. Que ce soit par paresse ou par manque de temps, je dérive toujours de mes premières amours pour meubler le temps autrement, apprendre la vie sous d’autres cieux quand ma zone de confort est définitivement au cœur d’une foule dans une salle sombre de cinéma. Comme partout ailleurs, je suis un parmi tant d’autres et je m’approprie ce que je peux pour me façonner une identité propre, une vision singulière, un Moi qui n’est définitivement pas comme Toi, ni comme Lui ou Elle.

Mais en bonne vieille mule têtue que je suis, je me fais la violence de me priver de ses films qui me font réfléchir, pleurer, ressentir et surtout vivre. C’est statique, bien sûr, mais l’esprit s’agite infiniment plus dans mon cas et c’est une vivacité que je ne retrouve pas ailleurs. Quand les idées se bousculent dans ma tête, mes souliers n’ont pas nécessairement envie de voyager.

Le cinéma, c’est un truc que tout le monde consomme, à doses différentes, mais que je partage avec bien peu de gens. Parce que je n’aime pas expliquer ce que je vis devant un film et je ne suis pas très tolérant envers les gens qui n’ont pas la même écoute attentive que moi. C’est un plaisir solitaire, égoïste, voire malsain. Mais dans mon cas, c’est nécessaire, comme un refuge, un abri ou simplement une maison. Ma maison, à défaut dans avoir une physique qui date de mon enfance je m’en suis construit une idéologique avec des bouts de dialogues et de pellicules surexposées.

Ça explique bien des choses j’imagine, de la solitude à mes capacité déficientes à m’ouvrir sur le monde. Trop d’attentes, toujours trop d’attentes, alors que je me fais mon cinéma entre deux tranches de vies.

Pour un oubli

VIsionner Cloak & Dagger avec Elliot sans E.T. et se dire, après coup, que la jeunesse n’est pas toujours bonne a revisiter.

Les bons souvenirs ne sont, après tout, que des parcelles de temps au trois quart oublié.

Soyez plus intelligent que moi, ne creusez pas inutilement dans vos bons souvenirs d’enfance.Ils sont précieux, mais fragiles.

Trop pis pas assez

Je visionne beaucoup de sitcoms et des séries télé. Jusque là, y’a pas vraiment de problèmes.

Le hic, c’est que je revisionne des séries et des sitcoms que je connais pas mal par cœur pour meubler le silence chez moi. Là, c’est problématique.
Problématique dans la mesure où ce temps que je meuble, c’est du temps que je n’investis pas concrètement dans des trucs pertinents, notamment écrire. Je pourrais, aussi, prendre ce temps pour visionner des films qui dorment dans ma bibliothèque depuis des années déjà et que je n’ai jamais encore pris la peine de consommer. Voyez-vous, j’ai des bijoux de films que je me promets de visionner depuis ma sortie des bancs d’école en 2006 et y’a rien à faire j’ai toujours mieux à faire. J’ai ce dont inépuisable de mal utiliser mon temps ou plutôt de trop l’utiliser à refaire les mêmes choses.

Un vieux singe bourru.

En vrac, quelques DVD qui n’ont jamais rencontré mon lecteur encore même si je leur ai promis un petit tour lors de leurs achats :

Un coffret de quatre films d’Ingmar Bergman, Goodbye Dragon-Inn de Tsai Ming-Liang, Wall Street d’Oliver Stone, plusieurs films de John Cassavetes, un coffret de Mel Brooks dont je n’ai pas visionné la moitié des films, Fallen Angels de Wong Kar-Wai et plusieurs Criterion jamais ouverts.

Un vieux singe bourru incorrigible.

Les résolutions, ce n’est pas mon truc mais faut vraiment que j’me botte le derrière, quitte à donner cette tâche ingrate à quelqu’un pour me motiver. C’est un fait, la culture se partage et se consomme beaucoup mieux avec un peu de pression de la part de ses paires. L’aspiration d’interagir, que ce soit pour la séduction ou la conversation, est la locomotive idéale pour se bourrer le crâne de culture avec un gros ‘C’.

Bref, je perds mon temps. What else is new…

United States…

Je visionne The United States of Leland pour la 25e fois, environ, et je retombe toujours dans la même réflexion creuse et sans fin.

La tristesse du monde est infinie. C’est dure comme réalité mais plus vite on l’a saisi, mieux on se protège.

Je pensais avoir un mur devant moi.

Je suis naïf.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.