Balles Courbes

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Visage(s)

C’est toujours le même visage.

Coiffe les cheveux, coupe, décoiffe, lave, recoiffe. Taille la barbe, coupe, rase une partie, taille à nouveau.

C’est toujours le même visage.

Devant le miroir, ouvre la bouche, tire la langue, grimace, soit sérieux. Plisse les yeux, humecte les lèvres, gonfle les joues.

C’est toujours le même visage sur lequel une vie s’accumule, jamais ne s’efface. Toujours les mêmes traits que j’amplifie, ou camoufle. Toujours le même regard, souvent triste, qui juge et accuse. Toujours la même peau, marquée par le temps, celui qui est passé et celui à venir.

C’est toujours le même visage sur lequel, épuisé, j’appose un masque. Toujours les mêmes peurs, les mêmes regrets. Toujours la même vie qui défile devant moi et qui va trop vite, toujours trop vite.

C’est toujours le même visage.

Regarde un écran, écrire, arrêter et puis recommencer.

C’est toujours le même visage et c’est toujours la même tête. Mais ça, c’est une autre histoire.

Temps et lieux

Qui est votre auteur favori ?

Je déteste cette question.

Je déteste mettre en ordre les choses que j’apprécie. Je déteste mettre en boîte les choses que j’ai lu, vu ou entendu. Je déteste ces notions de bon ou de mauvais et je déteste, surtout, partager toutes ces choses avec des gens qui ne me connaissent pas.

J’apprécie les choses de façons épisodiques, non-linéaire. Je n’apprécie pas un livre de la même façon à tous les jours, à tous les moments de ma vie. Je ne me projette pas dans les mots d’un autre de façon statique ou cyclique.

Tout est une question de temps et de lieux.

C’est pourquoi je déteste quand les gens m’interrogent sur mes préférences. Ils négligent le temps et l’espace et tentent plutôt de tout mettre à plat sur une ligne. Pour mieux comprendre j’imagine ou pour ne pas faire l’effort de la nuance.

Qui est votre auteur favori ? De grâce, ne répondez pas…

Ripple Effect

Une pierre tombe dont ne sait où dans un étang et elle éclabousse, au passage, un pêcheur paisible dans sa barque bien ancrée.

Dégoulinant, le pêcheur se perd à regarder les vagues et les perturbations à la surface de l’eau de l’étang qui était paisible avant cet imprévu.

La vie du pêcheur, tout comme l’état de l’étang, est trouble, dérangée.

Pourtant, elles se poursuivent: La vie du pêcheur, la quiétude de l’étang, la trajectoire de la pierre, la vie dans tous ces états.

L’imprévu, dérangeant, ne sera pas éternel.

N’est jamais éternel, quoi qu’on s’en dise.

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