Balles Courbes

La fin d’un chapitre

« What makes the earth feel like Hell is our expectation that it ought to feel like Heaven. Earth is earth. Hell is hell. Now stop with the whining and caterwauling. »
– C. Palahniuk, Damned

J’écris ici depuis un certain temps déjà. Trop longtemps pour certains, trop peu pour d’autres. Le temps et sa perception sont variables, au mieux.

Sauf que le temps, dans le cas présent, est un apôtre du changement.

C’est donc la fin d’un chapitre, d’une page personnelle sur laquelle je ne griffonnais presque plus de toute façon. Ce blogue était un exutoire et j’aimerais qu’il devienne un souvenir. Tout simplement. Il restera en ligne avec l’espoir que quelques-unes de ces lignes sera publiée, d’une façon ou d’une autre.

J’ai toujours l’envie d’écrire un roman qui me démange le bout des doigts, mais à force d’écrire des chapitres épars, le projet piétine plus que moi dans ma tête. L’écriture nuancée et grise sera donc, jusqu’à preuve du contraire, utilisée à l’avancement de ce petit rêve qui m’empêche d’être complètement englobé par la machine corporative.

« Le gros frère » pis toute…

Je suis désormais payé pour écrire à propos du sport, une autre de mes passions. Un autre rêve qui me gardait un peu plus loin de la mort cérébrale du travail de bureau. J’y suis, j’ai envie d’y rester et la proactivité est de mise.

Je suis ce que je fais.

C’est applicable autant lors des bons que de mauvais moments. J’ai souvent pensé n’être qu’une façon de meubler le temps et l’espace, un passe-temps parmi tant d’autres. Après tout, c’est ce que je faisais. Le changement, c’est ici qu’il s’applique.

Un projet à la fois, la vie qui s’érige comme un mur de brique en pleine bourrasque.

Je ne serais pas bien loin, mais je ne serais plus ici. Que des souvenirs et du vent. Beaucoup de vent.

Plantons nos voiles et solidifions nos embarcations, ça va bouger.

Vieillir

Ce qui est bien en vieillissant c’est de se forger une identité propre, des habitudes, des passe-temps. La vie n’est pas moins troublante ou surprenante mais elle devient, par la force des choses, plus constante. Sauf que pour s’y rendre, on doit vivre dans l’ombre des autres un certain temps. Dans l’ombre de leurs idées, de leur parcours et surtout de leur discours.

On éponge ce qui nous plait, on laisse filer le reste. Mais il faut quand même se soumettre à l’abondance de l’Autre, à son influence, à sa façon de vivre bref.

Ce qui est bien en vieillissant c’est de se distancer de l’Autre pour devenir son égal même si en marge. La vie n’est pas moins exigeante ou déstabilisante mais elle devient, graduellement, une zone de confort insoupçonnée. Sauf que pour s’y rendre, on doit un jour décider de sortir de l’ombre des Autres pour devenir son propre être, un arbre à part entière dans une forêt d’idées assourdissantes.

On affiche ce qui nous plait, on laisse mourir le reste. Mais il faut se résoudre à ne plus se soumettre même si les Autres sont plus nombreux. Notre influence, au final, pèse égale.

Ce qui est bien en vieillissant c’est d’apprendre à se retrouver d’abord et avant tout pour ensuite se partager aux autres. Et non l’inverse.

Avant j’étais nostalgique des années qui ont passé trop vite. Maintenant, je suis impatient de voir celles qui me permettront d’être un homme encore plus solide que je ne le suis déjà. Les priorités, comme le vent et la vie, trouvent toujours des directions qu’on ne peut choisir mais que l’on peut accepter de suivre. Simplement.

Du bon stress

Au royaume des balles courbes, la vie m’en offre finalement une qui peut produire des points si je la frappe en lieux sûrs. (J’aime mes références au baseball, tradition qui se perd malheureusement au Québec)

À une semaine de débuter mon nouvel emploi après plus d’un an de recherche active, je dois dire que le stress est au rendez-vous. La peur de l’échec, de l’erreur, du changement trop radicale, de la vie qui va trop vite. Toutes ces choses et puis tant d’autres qui ne se verbalisent que très peu. Sauf qu’il s’agit d’un bon stress, d’un catalyseur nécessaire pour vivre pleinement ce tournant que prendra ma vie professionnelle.

Je dois dire que c’est rare que je vis du bon stress. Ça garde sur la pointe des pieds mais ce n’est pas pour fuir, loin du compte, c’est plutôt pour être prêt dès que le départ sera sonné. Un sprinter dans le 514 sur une chaise à roulettes avec un jeans un brin trop ajusté. Contraste, oui. Bonheur, je l’espère bien.

Le plus étrange, du moins au début, sera d’endosser tout ce que j’écris. C’est facile quand on écrit avec hargne d’oublier ensuite, de tourner la page d’une certaine façon. Un peu la même histoire quand on griffonne sans intention entre deux bouchées de sandwichs. L’écriture, comme passe-temps, n’inclut pas beaucoup de responsabilité sauf peut-être le respect de soi et des gens qu’on aime. Pour le reste, suffit de se trouver un public et pas mal tout peut passer comme une lettre à la poste. Sauf que si l’écriture devient un gagne-pain, il faut évacuer les variances et surtout les sentiments derrière. Sans déshumaniser l’exercice, il faut le rendre moins répréhensible.

Bonjour la galère.

Mais tout de même. Du bon stress pour débuter le printemps. De nouveaux défis, clairement moins de mots sombres et surtout moins d’envies d’en extraire de ma caboche un peu grisonnante par moment (et par endroits).

Et vous, la vie vous traite bien ? Oui, non, peut-être ? Plus de choix de réponses ? D’un autre coté, trop de choix c’est comme pas assez. Gardons ça simple.

Oui

Non

À déterminer !

Vision sans titre

De l’extérieur, les gens sont parfois (souvent) ridicules.

De l’intérieur, on trouve des pépites, quelques joyaux mais plus souvent qu’autrement, on pioche sur du roc vide et creux. Du poids qui meuble l’espace que l’on habite.

Les ragots, les langues-sales, les confidences bafouées, les sourires brimés…

La vie sous une loupe qui grossit, déforme, encrasse la perception des choses, des gens, des sentiments.

De l’extérieur, les gens sont souvent (parfois) surprenants. Mais rarement pour les bonnes raisons.

De l’intérieur, on trouve une niche, un refuge, une chaleur humaine qui ne se devine pas aux premiers regards. Du sens dans l’espace que l’on habite.

Devant ce cirque, en quelque part, je ris dans ma barbe. Je suis fatigué de chercher à comprendre le regard de l’Autre, alors je le contourne. Je l’alimente de faussetés pour être bien certains qu’il n’affecte pas la réalité que j’espère vivre paisiblement.

L’espace que l’on habite, au fond d’un trou, pour qu’il demeure notre espace et non celui des autres.

Et ce trou, nous le couvrons tant bien que mal. À grands coups de paraître et de semblant, nos sourires sont tournés vers le bas et le bonheur se vit à l’horizontal, loin des regards, loin de l’Autre, loin de la vie qui se perçoit et près de celle qui se transmets.

Joue contre joue et pas autrement.

De l’extérieur, je suis refermé sur moi-même.

De l’intérieur, je garde contre mon cœur la vie qui fait du sens.

Statuettes dorées

La saison des Oscars est une drôle de bête. Pour le cinéphile/ex-étudiant en cinéma que je suis, c’est un cirque sur lequel je porte très peu d’intérêts à long terme. C’est un beau feu de paille et une plate-forme de qualité pour plusieurs cinéastes mais, quand la poussière dorée retombe, la plupart des films en nominations sont vites oubliés et les performances, tantôt grandioses, se perdent dans la foule et la tradition de l’évènement.

Même si je suis rarement en accord avec le choix du ‘’meilleur film’’, il y a quand même quelques choix fétiches que j’affectionnerais toujours particulièrement. Donc, en ordre chronologique, mes cinq ‘Meilleurs films’ favoris, autant pour des raisons sentimentales qu’objectives.

1999 – American Beauty

La beauté et la sensibilité, surtout, mais aussi le ton et l’état amorphe d’une génération en marge des grandes villes. Sam Mendes a mis le doigt sur un monde intriguant, bouleversant et surtout d’une vérité poignante. Un coup de cœur surprise qui est toujours bon de revisiter à l’occasion.

1976 – Rocky

Un choix sentimental pour moi ici. Rocky (et Sly) c’est ma jeunesse, le rêve américain et accessoirement le film vient piger dans mon amour pour la boxe et les sports de combats. On ne réinvente rien ici, mais la première mouture de la série est très riche en nuances et les personnages sont habilement maîtrisé par toute la distribution. Par la suite, la sauce se dilue pas mal mais celui là ne sera jamais un mauvais souvenir pour moi. Balboa vs Creed, au jour de l’an, c’est difficile de faire mieux.

1975 – One Flew Over the Cuckoo’s Nest

C’est le genre de film qui ne mérite pas nécessairement plusieurs visionnements mais le premier, le contact initial avec Crazy Jack laisse une marque dans notre imaginaire cinéphilique. Le bouquin de Ken Casey vaut d’ailleurs le détour plus que le film à mon avis mais le jeu d’un jeune Nicholson combiné à la maîtrise de Milos Forman derrière la caméra nous offre quand même un grand moment de cinéma.

1951 – An American in Paris

Ah Gene Kelly. Loin d’être mon favoris de l’homme mais tout de même, je me devais d’inclure une comédie musicale et Kelly, dans mon cœur, est un incontournable du genre. Du cinéma à grands déploiements comme il ne s’en fait plus assez d’ailleurs.

1943 – Casablanca

Bogart et Bergman et mon histoire d’amour fétiche depuis toujours. C’est un peu long par moment, mais Casablanca est un monument duquel je ne peux pas vraiment prendre une distance. Ça vient me chercher à chaque fois, immanquablement. Play it once Sam, for old times’ sake.

Donc non, pas de Godfather pour moi et étrangement rien non plus depuis 1999. Je suis de la vieille école dans mes goûts, certes, mais la liste des gagnants des 12 dernières années est décevante et surtout contestable. Beaucoup de finalistes, à mes yeux, sont et resteront de meilleurs films que les gagnants et survivront mieux à l’épreuve du temps (par exemple There Will Be Blood de P.T Anderson). Ça n’enlève rien au plaisir d’observer cette remise de prix mais plus j’y pense et moins les grands gagnants de cette soirée viennent rejoindre mes goûts personnels.

Heureusement, plusieurs autres remises de prix sont plus à ma pointure. C’est la beauté du cinéma, tout le monde y trouve son compte.

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